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Les malles de Pierre Savorgan de Brazza

Les malles de Pierre Savorgan de Brazza

Explorateur de 1852 à 1905

L’officier Pierre Savorgnan de Brazza était parmi les clients les plus fidèles de la maison Louis Vuitton et probablement parmi les plus intéressants. Sa mission consistait à entretenir les relations entre les différentes civilisations d’Afrique et l’état français. Il a fait trois traversés vers l’Afrique et ne manquait pas, avant chaque voyage, de passer chez son malletier parisien pour commander ou restaurer les différents bagages nécessaires à son séjour.

Beaucoup de ces modèles sont aujourd’hui des pièces mythiques de la maison Louis Vuitton, telle que sa très célèbre malle lit en toile monogramme commandée en 1889 et sur laquelle il persuadera le roi Makoko de placer ses territoires sous protection française.

Nous allons dans cet article nous concentrer sur l’histoire de sa malle secrétaire, commande spéciale réalisée en 1890 pour son dernier voyage. Ce modèle exceptionnel est entièrement recouvert de cuivre, pour assurer une parfaite résistance aux différents intempéries. On y retrouve les premières serrures en cuivre dit « incrochetables » assurant une réelle inviolabilité, ainsi qu’un intérieur compartimenté transformant le bagage en un véritable bureau.

Une petite subtilité va définitivement démarquer ce bagage des autres malles. Conscient que ses missions pouvaient avoir de plus en plus de répercussions diplomatiques, l’explorateur demanda en toute discrétion a George Vuitton, qu’un tiroir secret soit aménagé dans sa malle bureau, tiroir complètement invisible, lui permettant d’entreposer ses documents les plus sensibles. L’intérêt pour cette malle pris une nouvelle ampleur lorsque Savorgnan mourut le 14 septembre 1905, durant son troisième et dernier voyage en Afrique.

Dès lors, ses malles et leur contenu furent ré-expédiés vers la France. Parmi ces bagages, la fameuse malle bureau est immédiatement saisie par l’état Français, dans le but de récupérer les précieux traités signés par l’officier diplomatique.

Personne ne trouva l’emplacement du tiroir dissimulé, et c’est George Vuitton, qui fut convoqué pour sortir les manuscrits de la malle. Ces documents, qui nous sont aujourd’hui encore, complètement inconnus, dénonceraient les agissements de la France sur certaines civilisations africaines.


Crédit photo musée du quai Branly - Jacques Chirac, Dist. RMN-Grand Palais / Patrick Gries