Les restaurations importantes
Certaines malles ont parfois un vécu particulièrement douloureux. On remarque sur ces deux exemples, la disparition des poignées, d'une importante partie de la toile et du bandeau.
Pour ce type de problème, la première étape est de vérifier le fût en bois de la malle. Les malletiers utilisaient généralement du peuplier, bois léger et résistant, qui offrait beaucoup d'avantages aux fabricants. Si le fût est abimé, nous devons restaurer les parties en bois manquantes, de façon à rentoiler sur un bon support.
Une fois le fut préparé, nous pouvons rentoiler la partie abimée, avec des chutes de toiles retrouvées et conservées depuis 25ans sur des modèles similaires, ne pouvant pas être sauvés. Certaines malles abimées restes bloquées plusieurs années dans notre atelier, jusqu'à ce que nous trouvions le bon revêtement pour les restaurer. C'est pourquoi, nous sommes constamment en recherche de malles anciennes, quelque soit leur état. La moindre partie du bagage, du clou jusqu'aux baguettes, peut être utilisée.
Après le rentoilage, la restauration du bandeau est aussi une partie délicate. Sur la malle Goyard, le bandeau est en lozine. Il faut donc, comme pour la toile, retrouver une partie de bandeau similaire et changer la pièce entièrement.
Sur la malle Louis Vuitton, le bandeau est originellement gainé en cuir. On remarque sur la photo qu’un morceau de toile a été fixé sur la partie en cuir endommagée. Il faut donc démonter la partie d’origine et les restaurations passées, pour regainer l’entièreté du bandeau. Le risque étant que la partie restaurée soit trop visible sur l’ensemble de la malle. Il faut donc utiliser un cuir pouvant être patiné, de façon à uniformiser l’ensemble.
Nous devons ensuite refixer des poignées semblables à celle d’origine, en cuir sur la malle Goyard et en laiton sur la malle Louis Vuitton, repeindre les éventuelles couleurs présentes à l'origine et nettoyer les pièces laitonnées.